Réforme du CESE : Pourquoi ? Combien ? Comment ? SOCIÉTÉ

Pourquoi le CESE ? Pourquoi ses créateurs l’ont-ils conçu avant-guerre alors que le prestige de la représentation parlementaire était au plus haut ?

Pourquoi les constituants de 1946, issus du Conseil de la Résistance, l’ont-ils reconstitué après sa suppression par VICHY ?

Pourquoi De Gaulle l’a-t-il validé en 1958 ?

Pourquoi Chirac et Juppé ne l’ont-ils pas supprimé ?

Pourquoi Sarkozy en a-t-il accru les missions en y intégrant les organisations de jeunesse et du mouvement environnemental ?

Pourquoi plus de 73 pays ont-ils imité l’institution ?

Pourquoi l’ONU et l’Europe en ont-ils fait autant ? Pourquoi a-t-on étendu la formule au niveau régional ?

Pourquoi, malgré cela, tant de parlementaires, sans doute dérangés par les attaques injustifiées visant la démocratie représentative, se demandent-ils encore, avec un certain aplomb, à quoi servent la démocratie sociale et participative, et la contribution de la société civile organisée dans la conception et l’évaluation de nos politiques publiques ?

A ceux qui s’interrogent en permanence sur l’utilité du CESE et sur sa prétendue difficulté à trouver sa place dans les institutions, notamment à ceux qui se réclament du Gaullisme ou de la République, voilà parmi d’autres, des questions auxquelles il leur faut d’abord répondre…

Combien de réformes et d’améliorations de nos politiques publiques ont vu le jour sur la base de la réflexion coopérative et des avis des organisations de la société civile réunies au sein du CESE ?

Combien de fois a-t-on vanté les mérites de la démocratie participative et sociale alors que la démocratie représentative se trouvait questionnée ? Combien de fois a-t-il été souligné que l’utilité d’une institution ne se mesure pas au bruit médiatique qu’elle produit et qu’une certaine discrétion est plus souvent le gage de l’efficacité ?

Pourquoi tant d’éminentes personnalités ont-elles cru utile de siéger au CESE ? De Léon Jouhaux à Emile Roche, de Mme Antonioz de Gaulle au père Wresinki, de Jean Matteoli à Jacques Dermagne et à Jean-Paul Delevoye, de Raymond Soubié à Laura Flessel et Maud Fontenoy, de Bernard Staler de l’assemblée des chambres de métier à Pascale Vion de la Mutualité française ?

Pourquoi prétend-on utile de réduire le nombre de membres du CESE, fixé à un maximum de 233 par la Constitution, alors qu’il s’agit de renforcer la représentativité de l’Assemblée de la société civile organisée et qu’il a été répété que le budget relativement modeste de l’institution n’était pas en question.

Pourquoi faire l’affront aux sociétés civiles d’outre-mer de ne plus les représenter au CESE, alors que l’on vante l’ambition de l’Archipel France ?

Pourquoi ne voit-on pas que la société civile organisée est essentiellement constituée par les organisations ancrées dans les territoires de la République dont elles animent la vie économique, sociale, éducative et culturelle et non pas seulement par les grandes organisions nationales ?

Dominique Rivière