Jean-Paul Godefroid, le premier instituteur d’Ilet à Bourse, « un sacerdoce » EDUCATION

C’est en 1978 que Jean Paul Godefroid découvre La Réunion à l’occasion de son service militaire. Tombé amoureux de l’île et de ses habitants, il revient en 1982 pour s’installer et trouve rapidement du travail en tant qu’instituteur suppléant au Port, puis comme volontaire à Mafate, à Ilet à Bourse.

Accompagné des frères Florian et Jean-René Gide de Tan Rouge, eux aussi instituteurs, Jean Paul Godefroid et son meilleur ami chien, Sam, débarquent à Mafate.

Dans les années 80, l’îlet à Bourse, plateau important situé au pied du Morne de Fourche à 850 m d’altitude compte 59 habitants qui portent le même nom. En effet, les 9 familles installées là s’appellent Thomas.

À cette époque, les conditions de travail sont pénibles : pas de logement de fonction, Jean-Paul dort dans la classe avec Sam, s’éclaire à la bougie et se douche à l’eau froide car l’électricité solaire n’arrivera qu’en 1986 avec le premier gîte de montagne.

Jean-René et lui se répartissent les 36 élèves en 2 classes, et malgré leur jeune âge et l’absence de formation pédagogique particulière, ils s’investissent et se dépense sans compter.

Jean-Paul hérite de la petite, moyenne, et grande section, alors que Jean René s’occupe des plus grands (jusqu’à 16 ans).

Il se souvient du premier jour où il a ouvert le carnet d’appel : voulant les appeler par leur nom, il appela le numéro 1 de la liste : Thomas, le second Thomas… il regarde la suite, tous des Thomas, il fallait les appeler par leur prénom.

On peut parler véritablement de « sacerdoce », car son trajet hebdomadaire qui commençait le lundi matin, 5h30 au départ du village de la Rivière des Galets, se faisait à pied (pas de 4X4 dans ces temps là) et sur plus de 20 km.

Une fois arrivé à 13h à Ilet à Bourse, une douche rapide (froide bien sûr) et l’école pouvait commencer l’après-midi. Les horaires étaient aménagées pour permettre à chaque enseignant de rentrer chez lui le week-end.

De 1982 à 1985, malgré l’isolement et les conditions difficiles, Jean-Paul Godefroid remplit son rôle et la chaleur de l’accueil des habitants de l’îlet lui ont tellement réchauffé le cœur qu’après des années, les souvenirs de ses rencontres restent intacts dans sa mémoire….