Alon kas la shène po libèr nout mémwar, donn la min, po rouv la port nout liberté CULTURE

Le respect de la vérité historique et l’accès à l’histoire sont des droits inaliénables de l’homme. Devise de notre mouvement citoyen. Kas La Shène est une association de recherche/action sur la mémoire-histoire post-coloniale.

Possession française, l’île de La Réunion est affrontée à une mémoire dominante où le passé colonial est un point aveugle du «roman national» ou de l’histoire officielle dite «républicaine».

Cette mémoire « nationale » dominante fonctionne quant à ses représentations, dans l’hexagone et aux « Outre-Mer », à l’instar du discours colonial d’hier.

Non qu’on ne parle pas de ce passé colonial esclavagiste, mais que le sujet est plus traité par les silences qui affectent la généalogie de la domination produisant ses séquelles actuelles.

La violence criminelle de ce passé colonial est souvent occultée par les diversions fallacieuses du « savoir-pouvoir » des communicants de la mémoire dominante qui entravent une réelle socialisation de la mémoire du passé colonial et en particulier celle de l’esclavagisme.

Nous constatons encore aujourd’hui pour ne citer que ce domaine, la faible prise en charge pédagogique des institutions locales et nationales de l’enseignement sur les aspects de l’histoire locale touchant au passé colonial (esclavage, travail forcé, fait colonial).

Nous nous donnons comme objectif de dépasser l’«élitisme» sur ces questions pour structurer une popularisation de la mémoire du «passé colonial et esclavagiste» pour une vigilance mémorielle citoyenne.
À La Réunion, la recherche scientifique conséquente sur l’histoire de l’île est récente, à peine une cinquantaine d’années. Les idéologies révisionnistes voire négationnistes dominent encore la mémoire « historique ».


On assiste, aujourd’hui dans un certain milieu d’historiens « locaux », à un retour en force du «discours colonial». Ces publications perturbent gravement le travail pédagogique de popularisation de la réalité de notre passé (l’Histoire) et de sa « mémoire assumée ».
KAS LA SHÈNE soutient les citoyens, scientifiquement et logistiquement dans leur défense de la vérité historique qui est un droit inaliénable.

KAS LA SHÈNE, po libèr nout mémwar, est un groupement citoyen de vigilance mémorielle.

KAS LA SHENE est un regroupement d’acteurs culturels sensibilisés par le concept citoyen du « vivre et penser ensemble la postcolonialité pour un monde réparé ».
Penser un développement local par le respect de la culture et de ses environnements mémoriels.

KAS LA SHÈNE vise à conseiller, à accompagner, les acteurs de la mise en patrimoine (collectivités locales, associations, fondations, États).

Elle a pour objet d’étudier, de recenser et de faire connaître le patrimoine culturel de la Réunion et de ses zones d’influence sociétales incluant l’Indianocéanie.

La loi française dite, TAUBIRA DELANON de 2001 sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité, affiche un sérieux déficit sur la question de la réparation des crimes de l’esclavage et du travail forcé (cessé dans la norme française en 1946).

KAS LA SHÈNE plaide pour une réparation par la culture et le droit à l’histoire (mémoire historique et ethnologique), sans oublier la nécessaire réparation des inégalités historiques post-esclavagistes.

Ainsi, nous travaillons à la sauvegarde du patrimoine matériel et ethnologique de l’esclavage et du travail forcé (engagisme).

KAS LA SHÈNE, adopte la ligne de principe de recherche/action des « experts d’expérience » de la décennie des Afro-Descendants (Haut-commissariat aux Droits de l’Homme, Nations Unies) :

  • Reconnaissance
  • Justice
  • Développement.

Pour l’heure notre objectif prioritaire est de socialiser la mémoire d’une ancienne prison coloniale. Ce pénitencier est un témoin historique fort de l’incarcération publique d’esclaves, de travailleurs forcés et des résistants politiques au colonialisme. Menacée par le gouvernement français dans son intégrité mémorielle, nous voulons sauvegarder le site pour en faire un « projet de réparation par le développement social durable ».
Cette recherche/action vise la réduction des inégalités historiques liées aux crimes coloniaux de l’esclavage et du travail forcé.

Patrice Pongérard
Anthropologue-Historien-Écomuséographe, secrétaire Général de KLS/KAS LA SHÈNE PO LIBÈR, Nout Mémwar.

Courriel pour nous contacter : libertekaslashene@gmail.com