Guylène, mère d’un garçon : « Je voulais être maman de sept enfants ! » SOCIÉTÉ

Etre parent(s) de famille nombreuse ! Plus qu’une vocation, c’est un véritable sacerdoce. Pourtant, il y a une trentaine d’années à La Réunion, avoir plus de cinq enfants au sein de la famille, c’était courant. Avoir entre cinq et quinze enfants, de par le contexte social et culturel de La Réunion, il y a cinquante ans, c’était même naturel.

Attention cet article n’est pas une analyse sociologique de l’évolution des naissances, des comportements et de la politique de natalité à La Réunion. Son objectif : rappeler l’évolution de notre société réunionnaise en matière de natalité ces cinquante dernières années.

En 1950, au sortir de la deuxième guerre mondiale, la population réunionnaise était de 245.000 individus. L’absence de politique de natalité, la pauvreté sociale et culturelle d’une très partie de la population, et la nécessité de (re)peupler la France, incitaient à la procréation.

L’inexistence de contraception dans les couples pauvres, contribuait à multiplier les naissances. Peu à peu, l’application des lois familiales à La Réunion, et la politique nataliste du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing (1974 – 1981) ont accompagné la hausse de la population.

Ce processus (d’une manière générale) s’est inversé, il y a une trentaine d’années. Les enfants de l’époque devenus parents aujourd’hui, font beaucoup moins d’enfants. Guylène a 30 ans. Elle a une sœur. Elle est maman d’un petit garçon de deux ans, Martin. « Au cours de cette fête des mères, j’ai vu beaucoup d’enfants avec leur maman. C’est beau ! C’est attendrissant ! Ça fait envie ! Mais, non merci. Un enfant, ça suffit. Je ne me vois pas recommencer pour un(e) autre, comme je l’ai fait pour mon fils ».

“Comme beaucoup de mes camarades d’école, de collège ou de lycée, nous voulions une grande et belle famille. Nous voulions donner beaucoup d’amour et de câlins à nos futurs enfants. C’était vraiment beau dans nos rêves. Je voulais être maman de sept enfants. Quatre filles et trois garçons… Partir pique-niquer tous ensemble dans la forêt ! Fêter Noël sous un grand sapin ! Fêter tous les anniversaires avec plein de petits camarades ! Ne vivre que pour mes enfants ! »

Guylène vient de vivre deux ans pour un seul enfant. « Ça suffit ! Un seul bébé de deux ans, m’a mis à terre. Les premiers mois, c’était presque du 24 heures sur 24. Même quand bébé dort, je m’inquiète. Chaque jour, je m’interroge : est-ce que je fais ce qu’il faut ? Est-ce que je suis une maman digne de sa mission ? C’est un stress permanent. Le manque continu de sommeil, la fatigue physique et mentale… J’avais l’impression de mourir à petits feux ».

« Plusieurs fois, j’ai eu envie de fuir la maison. Aller me réfugier dans un endroit isolé. Loin de tout. Je me remettais à chaque fois en cause. Je ne voyais pas le bout du tunnel. Je n’osais pas demander de l’aide, de peur d’être une maman indigne… » C’est un fait ! Il serait temps que les contes de fée aillent plus loin « qu’ils se mariaient et eurent beaucoup d’enfants »…