« La Réunion en conscience pour l’avenir de nos enfants » COURRIER DU LECTEUR

« Réunionnaises, Réunionnais, nous sommes un groupe de réflexion sur l’avenir de la réunion et nous sommes avant tout fières d’être réunionnais. Ce qui nous anime, c’est l’amour de notre île, de notre richesse culturelle, de notre diversité, et surtout l’amour de notre population que nous voulons préserver et défendre ».

« Pour nos familles, nos parents, nos enfants, nos petits-enfants et toutes les générations futures, nous souhaitons par cette lettre dénoncer une situation que nous ne pouvons pas accepter.

Nous espérons que par ce courrier vous comprendrez mieux ce qu’il se passe et que vous déciderez d’agir avec nous.

L’heure est grave. Il n’est pas trop tard, mais nous devons agir vite.

Une première échéance à laquelle nous devons répondre présent est le mercredi 19 février 2020, afin de donner notre avis sur un sur le dossier du rachat Vindémia par le groupe Bernard Hayot.

Faisons-le ! Ne restons pas muets et insensibles !

Un événement historique économique majeur va se produire, et les conséquences seront très lourdes pour notre territoire, si nous ne faisons rien.

Comme annoncé depuis quelques mois, le groupe antillais Bernard Hayot s’apprête à faire l’acquisition de la filiale Vindémia du groupe Casino qui exploite principalement les magasins Jumbo Score, Score, Vival, Fnac à la Réunion, Maurice, Madagascar et Mayotte.

Au total sur l’ensemble de la zone Ocean Indien, Vindémia emploie 4.700 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 800 M€.

Vindémia est non seulement le premier acteur de la distribution à La Réunion mais aussi une des plus grandes entreprises de l’île qui emploie plus de 1.300 personnes et réalise un chiffre d’affaire de plus de 600 M€.

Malgré, la cession de quatre des magasins de Vindémia (Savanna, Ste Marie Duparc, St André et le Chaudron) au nouvel acteur Make Distribution à travers l’enseigne Run Market, le poids de BGH sur le territoire va devenir très significatif.

Le groupe BH détiendra une très grande partie de la richesse créée à La Réunion et avec cela tout le pouvoir qui en découle et la politique des prix, notamment.

Il n’est pas un secret non plus que les actionnaires de Make Distribution sont très proches du groupe BH, et nous savons très bien que l’arrivée de ce nouvel acteur n’est qu’un stratagème pour faire bonne figure vis-à-vis de l’Autorité de la concurrence, et permettre de faire valider le dossier de rachat.

Nous devons nous battre contre toutes tentatives de situations de monopole ou de quasi-monopole qui auront un effet négatif sur le niveau des prix et donc sur notre pouvoir d’achat.
Le groupe BH fera ainsi la pluie et le beau temps à la réunion et cela pour les décennies à venir. Tous les secteurs seront touchés : distribution, automobile, bricolage…

L’affaire est étouffée au maximum, et les principaux journaux de l’île ne parlent que très peu du sujet et pour cause ces mêmes journaux sont tellement liés au groupe BH par les millions d’euros que le groupe paie en publicité.

Regardez bien, même la consultation populaire demandée par l’Autorité de la concurrence n’est reprise par aucun journal officiel, ni même journal télévisé. Cela est inacceptable.

C’est un hold-up !

Une des plus grandes entreprises de l’île est en vente et cela se passe comme s’il n’y avait rien à voir, donc circulez !

Quelles sont les alternatives possibles à ce rachat ? Il en existe plusieurs !

Voici les alternatives que nous avons identifiées :

1) Rachat de Vindémia par des entreprises locales (100% des capitaux sont basés à la réunion). Cette option a été prise par le groupement Caillé (anciennement Leader Price) , Leclerc et U.

2) Rachat par les salariés de Vindémia : cette option ne semble pas avoir été proposée.

3) Rachat par la population : cette option a été affichée dans le journal de l’île en septembre 2019 par un formateur en management.

Posez-vous la question pourquoi ce rachat n’a-t-il pas été proposé aux salariés de Vindémia, pour qu’ils puissent décider eux même de leur avenir. Cela existe et est tout à fait possible.
La réponse est simple, M. Hayot connait personnellement le Président du groupe Casino, et avec cela tous les administratifs qu’il lui faut pour verrouiller l’affaire depuis le début. Un jeu où seul lui connait les règles et a les moyens.

Soyons transparent, il ne s’agit pas d’empêcher le groupe Bernard Hayot de faire des affaires à la Réunion car ce groupe a ouvert de belles enseignes à la Réunion.

Voilà pourquoi nous devons nous battre et dire non :

  • Empêcher un groupe quelqu’il soit de détenir une superpuissance économique et financière et de faire la pluie et le beau temps,
  • Rester libre de nos choix
  • de maitriser et reprendre en main notre économie,
  • de décider enfin de notre avenir pour nous et nos enfants

Nou lé pas plus , nou lé pas moins !

Nou lé capab décider cosa lé bon et cosa lé pas bon pou notre territoire !

Nous avons l’opportunité de donner notre avis à l’autorité de la concurrence qui aura la lourde responsabilité de faire la lumière sur ce dossier et sur la décision qui sera prise.

Ne répondons pas par un NON personnel mais répondons par UN NON COLLECTIF A CE RACHAT et par la même réponse DISONS NON A TOUTE FORME D’HEGEMONIE et de DOMINATION ECONOMIQUE.

Comme toujours, dans l’histoire de notre pays et de notre île, le collectif l’emportera.

Rappelez-vous, en novembre 2018 le peuple a su faire taire les plus grands groupes de l’île par la force.

Les conséquences ont été très lourdes pour l’économie, mais la fin justifie parfois les moyens.

Nous devons agir en responsable pour qu’un jour, pour nos enfants, nous dirons, OUI nous l’avons fait ! Nous avons pris en main notre destin.

Ceci est un message d’appel à la liberté et non pas un message d’appel à la révolte. Nous devons agir en citoyen responsable.

Pour vous, pour nous, pour La Réunion ».